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Bucarest – Istanbul — 22/11/2004 au 04/12/2004

Plaines bulgares Jeunes Bulgares

Quelques notes de musique d'Orient viennent souffler sur nous pour la première fois du voyage. L'Asie ne nous semble plus inaccessible et la mythique Istanbul pointe à l'horizon sur notre carte. Pourtant le froid et les larges avenues bordées de blocs qui accompagnent notre départ de Bucarest nous plongent dans une toute autre réalité. Les derniers kilomètres de Roumanie se font dans la direction de Calarasi, ville frontière avec la Bulgarie. Les charrettes tirées par les bœufs, les ânes ou les chevaux sont pour nous l'occasion de dépasser avec un sourire leur propriétaire. Parfois remplies de foin, parfois de fruits et légumes, d'autres encore semblent plutôt utilisées comme moyen de locomotion, et il n'est pas rare de voir toute la famille installée sur le plateau arrière.

Une chose nous rassure sur nos vélos lorsque le soleil décline et nous rougit le dos, nous avançons bien vers l'Est. Cet Est si présent pour nous et qui ne nous est rappelé que par cet astre donne goût à l'aventure.


L'aventure continue à un bon coup de pédale vers un autre alphabet, l'alphabet cyrillique. Jusqu'alors l'alphabet latin ne nous permettait pas de comprendre la langue du pays, mais au moins d'être en accord avec les noms de villes et villages indiqués sur notre carte. Désormais, ce n'est plus possible ! Varna, qui est décrite comme le Nice de Bulgarie, reste fort heureusement assez touristique pour que les doubles indications soient affichées.

Les quelques flocons de neige de la matinée se transforment au fur et à mesure que nous pédalons. Dux, nombreux, fondus. En haut d'une colline, un combat amusant oppose le soleil et les pesants nuages neigeux s'affrontent devant nous. À notre gauche, la neige nous fouette et à notre droite, le soleil nous chauffe. Bientôt la lutte se termine et une tempête de neige nous surprend, les vélos accrochent bien sur la faible couche qui se dépose, mais pour combien de temps encore ? Heureusement nous redescendons et un vent puissant vient chasser tous ces mauvais sorts. Le vent ne peut-il pas en être un autre quand il arrive de plein côté et qu'il vous pousse vers les camions qui vous dépassent ? Quel antidote ? La route change de direction, plus au sud, et soudain nous nous sentons comme deux guerriers près à affronter la distance qui nous sépare encore d'Istanbul, toujours et toujours plus présente. Nos yeux la cherchent au détour d'une route, encore invisible.

Neige Charles Nounours gelé

Chien Charles

Au pied de la mer Noire, Varna nous donne une saveur plus douce du voyage. Quel régal de savoir que nous allons longer la mer Noire sur près de 150 kilomètres ! Des journalistes en mal d'informations nous demandent s'ils ne peuvent pas faire un article de notre périple, deux pauses photos et nous voilà repartis pour découvrir la mer Noire. Ce ne sera pas la quatre voies avec laquelle nous quittons Varna, ni la plus petite route vallonnée enfouie dans les forêts aux couleurs ocres des feuillus qui nous ferons la découvrir. Nous voyageons à contre-saison, l'hiver ne semble pas encore avoir achevé l'automne.


La mer Noire. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi une telle dénomination ? Le soleil éclatant répandait son voile dorée dessus, les collines s'y jettaient avec amour. Et nous ? Contemplatifs. De la terre à la mer, quelle belle transition. Derrière ces deux mots antinomiques se cache un autre paysage, celui des petits villages perchés en haut des collines qui vivent paisiblement. Quelques enfants tziganes, dans leurs mains des cartons, nous montrent une approche avec des cartons pour quémander de l'argent : à l'âge de six ans, ils sont déjà d'une assurance déconcertante. Un chat et un chien nous accueillent dans une maison sans maître où nous plantons la tente. Couché de soleil rouge et levé de lune orange sur l'aridité des montagnes. Les forêts de feuillus denses du nord de la Bulgarie contrastent avec la couleur ocre de la terre et de la végétation plus basse et aride du sud de ce pays. Nous sommes aux portes de la Turquie. Cinq contrôles de passeport, quatre barrières, un soldat avec sa mitraillette, un cachet sont nécessaires pour entrer dans ce nouveau pays.

Trois roms

Frontière turque

Soldats bombes Thé

Mais comment réaliser ce passage de frontière ? Une frontière représente bien plus qu'une ligne sur la carte, il s'ensuit une autre façon de vivre et de parler. Pour notre part, s'y ajoutent des passages à franchir pour refermer une partie du voyage et en ouvrir une autre.

Elles nous offrent le point final d'une partie accomplie et la majuscule de l'inconnu. Quelle facilité de nous sentir en Turquie lorsqu'après quelques enroulées nous regardons abasourdis un minaret pointer fièrement vers le ciel. L'animation des villages ne fait pas de doute non plus, notre traversée se fait sous les bonjours que nous lancent les personnes près de la route. L'accueil est alors formidable pour ce premier jour dans ces terres : en seulement un jour en Turquie nous comptons pas moins de vingt-et-un thés offerts !

650, 550, 500,... 50 kilomètres d'Istanbul, notre cœur s'accélère. Nous méritons notre rêve après une hideuse et dangereuse quatre voies qui nous laisse sur place lors des montées, à cause des collines que nous devons franchir. Le trafic est intense, la pollution nous donne du mal à respirer, la mer, grise au loin, avale le ciel voilé, les buildings du nouvel Istanbul saturés en publicité bordent le périphérique. Les minibus nous font des queues de poissons, nous rappelant à chaque instant qu'ici nous sommes rien. La muraille byzantine passée, un autre visage d'Istanbul se dévoile. Celui que vous connaissez peut-être…

Mosquée

Voici maintenant pour Istanbul un petit album photo qui parlera sans doute mieux que nous de cette ancienne Byzance aux multiples facettes. Quelque part, nous nous défaussons un peu sur ces images pour ne pas vous donner nos impressions sur cette cité pleine d'histoire, mais il y a tant de facettes dans cette histoire écrasante que nous ne manquerions pas d'être partial. Voici donc simplement quelques éléments de Byzance, Constantinople, enfin… Istanbul quoi !

Mosquées

Église byzantine Mosquée bleue Mosaïque byzantine
Yeni camii Suleymanie camii Porte mosquée

Pourrait-on imaginer Paris sans Notre-Dame ? Ainsi ne peut-on pas imaginer Istanbul sans ses mosquées et les cinq appels quotidiens à la prière qui résonnent du haut de tous leurs minarets. Les plus grandes mosquées, majestueuses et colorées rappellent le faste de l'empire ottoman. La plus célèbre d'entre elle, Sulyanahmet Camii (signifiant « mosquée » et prononcée djamii), la mosquée bleue, fut construite pour rivaliser avec Sainte Sophie. D'autres Camii sont plus petites et d'autres encore sont faites de bric et de broc. En tous cas, l'Occident laisse place à l'Orient…

Mosquée bidonville Mille et une nuits Intérieur Basilique Ste-Sophie
Contre-plongée Beyazit camii Basilique Ste-Sophie

Marchands

Marché populaire Mandarines Loukoums
Épices Poissons Bosphore Lampes

Il y a des magasins, des marchés, des étals partout, on en vient à se demander qui peut acheter tant de choses. Le grand bazar offre des possibilités infinies, les marchés des rues sont légions et vendent tant de fruits et légumes que les rues se parent de leurs teintes, les pâtisseries que nous retrouvons à chaque coin de rue nous font de l'œil... Approchez approchez, nous avons des belles choses pour vous !


Balade

C'est un parti pris, nous avons beaucoup marché à Istanbul. Nedim, Un jeune homme incroyablement gentil et prévenant nous a guidés deux jours durant dans le quartier populaire de Fatih et dans les plus belles mosquées. Grâce à lui, nous avons pu nous plonger dans la chaleur de ce quartier qui nous semble être une grande famille.

Marcher, comme le vélo, rapproche insensiblement des bâtiments et des hommes, et pour finir, les vues d'Istanbul devenaient… naturelles. Nous avons pu voir la diversité, le touristique et le quotidien, l'absence de plan d'urbanisme et l'ordre policier.

Vue de Beyoglu Tour de Galata Entre deux voies
Délabrement Dans la rue Au jardin… d'enfants

Tableaux

Un des aspects marquant d'Istanbul est la distinction que l'on peut y faire entre présent et passé, et si les anciens fastes byzantin et ottoman marquent profondément la ville, cette dernière reste une des plus animées que nous ayons rencontrées. Une de nos grandes chances fut de pouvoir participer à une marche dans la banlieue éloignée d'Istanbul et de découvrir la face B d'une métropole qui laisse construire sans retenue et s'agrandit de manière folle. Mais malgré tout, les marchands s'affairent, et nous n'avons jamais vu autant de magasins.

On s'affaire ! On prépare…
Pain Istanbul Cireur de chaussures


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Dernière mise à jour le 11/06/06.
« Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien. » (Alain)