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De Katmandou à Casablanca — 11/06/2005 au 04/07/2005

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Nous y sommes, après une montée titanesque qui la rend désirable et détestable, Katmandou se dévoile dans son nuage de pollution. Plus qu'une ville, un symbole, un nom célèbre qui sonne comme la cloche de l'arrivée au bout de la route lointaine. Il y a un plaisir dont nous ne vous avons pas parlé, c'est celui d'arriver dans une ville magnifique comme un cheveu sur la soupe, deux cyclistes suants qui s'installent en l'occurrence sur la place historique de Katmandou, le sourire aux dents avec la sensation du travail récompensé. Comment décrire cette ville ? Difficile, elle évoque sans doute trop de choses… Essayons.

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Une ville religieuse ? Oui, même si cela ne se ressent pas autant que pour Varanasi. On y trouve des temples au coin des rues aussi naturellement qu'une borne postale… Cette fois-ci, ils sont bouddhistes et les célèbres yeux de bouddha nous observent de leur regard étrange, coloré et mystique. Une forte communauté de Tibétains s'est installée ici et aux stupas (temples bouddhistes en forme de coupole, surmontés d'une flèche supportant des yeux de bouddha), on peut observer les rites tibeto-bouddhistes comme les processions circulaires, les moulins à prières qui tournent, les mantras débitant sans cesse… Les visages népalais ne sont pas si différents des visages tibétains. Comme le nom des Népalais l'indique, ils sont beaux avec leurs sourires bridés, beaux avec leur gentillesse, beaux dans leur liberté. Ils déambulent dans les rues aux maisons de briques et au milieu de ces temples, dont le style nous rappelle la Chine… que nous ne visiterons pas. L'influence de plusieurs styles se fait sentir et l'hindouisme de l'Inde n'est pas loin.

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Nous ne trouvons pas beaucoup de vieux babas cool, issus de la vague hippie des années 1970. Petite déception… Auraient-ils fui la perte de l'identité de cette ville ? Pourtant, si on y trouve tout le confort moderne, l'aspect spirituel ne semble pas complètement désagrégé et le tourisme reste raisonnable, pas trop dément. Peut-être que dans une capitale, l'afflux de visiteurs est moins remarquable que dans la montagne. Et peut-être également que notre oeil n'est pas assez habile pour distinguer les Népalais de tous les voyageurs asiatiques qui maintenant ne sont plus minoritaires !

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Nous retrouvons quelques amis rencontrés pendant notre trek. Notre joyeuse bande de 21-22 ans de moyenne échange avec plaisir ses souvenirs et ses impressions autour de plats de momos, chaussons à la viande ou aux légumes, spécialité tibétaine largement démocratisée ici. Nous avons même retrouvé notre ami Thierry, qui nous a fait la surprise de nous rejoindre à Katmandou, après six mois de séparation depuis la Turquie ! Nous avons fait du chemin depuis ce temps.

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La grande aventure, c'est de refaire en deux jours ce qu'on a mis neuf mois à atteindre, autrement dit prendre l'avion. Les offres bon marché se révélant rares, nous nous en remettons à un voyagiste qui nous annonce deux jours avant le départ qu'il a trouvé notre billet pour… Casablanca. Nous vivrons les extrêmes en peu de temps, le billet d'avion porte ces deux noms : Katmandou – Casablanca.

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Les dernières heures à l'autre bout du monde sont empreintes de nostalgie, difficile de réaliser ce qu'on laisse, ce qui nous manquera, la vie qu'on va laisser en ces lieux. Pour l'anniversaire de Thierry, nous finissons une nuit blanche à chanter « Namasté Katmandou » sur les marches d'un temple antique, accompagné par la guitare de Thierry, son unique bien.

En deux lignes : départ le 10 juin à 22h30, transit par Dubai, arrivée le 11 juin à 14h, nous avons fait plus de 9 000 kilomètres. Aéroport Mohammed V, miracle : les vélos n'ont rien, les dix sacoches sont là et nous enfourchons Allochtone et Bucéphale comme si de rien n'était… Une demi-heure plus tard, nous sommes invités.

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Le Maroc semblait un bon pays pour l'accueil : à première vue, nous en avions une image de pays musulman agréable pour ses invités : cela semble se vérifier ! Photo 12 Photo 13 Nous resterons deux jours avec la famille Zirar, le temps de goûter à toutes les spécialités culinaires de la maman, fière de nous présenter couscous, poulet et tajine; de manger hommes et femmes séparés, tous autour du plat, une convivialité qu'on aimerait avoir en France. Des idées à prendre, comme partout. Nous visitons Casablanca avec les deux frères, la médina avec ses vieilles portes et l'immense mosquée Hassan II, qui doit faire la fierté des habitants… Encore plus magique, Marrakech, rejoint après deux jours de routes et du désert magique. Marrakech, un nom qui fait aussi rêver, une ambiance spéciale dans les souks, où chaque marchand se révèle un harceleur, où les odeurs des épices et des légumes de tous les jours se mêlent à celles des tanneries, puantes, et où les cris des enfants rencontrent ceux des vendeurs en tous genres. On retrouve le tourisme de masse, son confort de tous les jours et ses inconvénients, mais pour celui qui cherche le quotidien des gens, il y a toujours, comme dans toute ville, des petites ruelles pleines de vie avec des maisons ornées de zelliges (carreaux de faïence), des authentiques épiciers marocains et des sourires moins vénaux. Le charme est là, avec la chaleur.

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Et puis, nous repartons pour trois jours aussi beaux que chauds, où l'eau et les cascades d'Ouzoud sonnent comme des oasis, où les oliviers parsèment les collines, où les plaines aux blés maigres succèdent aux montées épuisantes et aux vues incroyables. Il nous faut rejoindre Beni-Mellal, où notre ami Quentin habite… Cela se fait après avoir gravi, sur la piste, une montagne de l'Atlas. Dans la nuit qui tombe, nous descendons « à fond la caisse » cette route cassante de plus en plus invisible. Ouf, on arrive, et Quentin qui nous croyait au Tibet nous voit débarquer chez lui à l'improviste ! La surprise passée, on s'organise pour rejoindre le festival d'Essaouira (musique gnaoua, issue des anciens esclaves africains, et musique du monde), via Marrakech, où nous retrouvons d'autres amis.

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Essaouira, c'est un petit port sympathique, moderne dans son esprit, charmant par ses maisons, envoûtant pour ce festival de quatre jours. Incroyable, tous ces jeunes, cette liberté dans un Maroc encore assez traditionnel ! Notre chance au Maroc est d'avoir vécu des choses assez différentes grâce aux personnes rencontrées.

Mais la course commence, car nous devons rentrer à la maison : pas le temps de faire du vélo, le bus nous aidera à rejoindre Lisbonne, la capitale du Portugal, depuis Beni-Mellal. Deux jours de bus et de bateau pour un sacré raccourci ! Le 30 juin, nous y sommes.

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Dernière mise à jour le 11/06/06.
« Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien. » (Alain)