Titre Vélo


Retour à la carte

Grenoble – Vérone — 07/10/2004 au 18/10/2004

Départ
Vizille

Quelques jours de repos où Charles a retrouvé ses amis et son Grenoble de l'année dernière, où Foucauld a rencontré ce petit monde… comme un poisson dans l'eau. Une ambiance de fête nous mène aux portes d'un nouveau départ : celui de la France !

Accompagnés par quelques bons amis nous lançons un « au revoir » émouvant aux camarades de promo de Charles devant son école. Les premiers coups de pédales en présence de Xavier sont intenses, un autre départ pour une personne qui a déjà fait ce genre d'expérience… La troupe s'élance vers Vizille où nous pique-niquons joyeusement dans le parc du château ; pitreries et jonglage accompagnent cette longue pause.

Les Roberts, vous connaissez ? Un petit village sur la route des 2 Alpes est propice à une succulente soirée. Une pluie torrentielle berce les uns et mouille les autres…

Le matin, les montagnes ont revetu leur bonnet d'hiver et les arbres leur costumes d'automne. Nous remontons sur nos destriers, Charles a la larme à l'œil ; difficile de glisser les bonnes paroles aux personnes que nous aimons et qui prennent une route différente de la nôtre…

Lautaret 1

Sous un soleil automnal nous prenons une route que Charles connaît et redécouvre à chaque instant : celle des 2 Alpes. En vélo, nous nous imprégnons des paysages traversés et réalisons l'ampleur des distances parcourues, cela serait-il possible avec ces avions au-dessus de nos têtes et dans ces voitures qui nous rasent ? La palette de couleurs offerte par les arbres est vraiment incroyable, rouge vif et jaune éclatant des feuillus côtoient le vert intense des sapins. Ce feu d'artifice borde notre route pendant l'ascension du col du Lautaret. Sur notre droite, le glacier de la Grave tire son immense langue, au loin une vallée se dessine.

Lautaret 2

Un dernier lacet, nous arrivons mouillés mais ravis en haut du col, un coup d'alcool de prune et c'est reparti pour une descente de presque 1000 mètres de dénivelé. Briançon nous accueille avec sa gargouille et ses maisons colorées, et nous avons la chance de dormir dans la vieille ville.

Maintenant, nous avons du temps et nous en profitons, cette ville vaut le détour avec son ancien fort du 18e siècle perché au dessus de la montagne. Ses ruelles étroites et escarpées nous font rencontrer un menuisier dans son atelier, une simple cave voûtée.

Briançon

On the road

La traversée de la vallée de la Clarée, encore sauvage, est une formidable porte de sortie vers l'Italie. Un dernier col, celui de l'Échelle, et ça y est, nous y sommes ! C'est le passage vers l'étranger, après 1315 kilomètres de routes françaises.

Notre enthousiasme est vite réfréné par le paysage que nous découvrons « de l'autre côté ». Les nuages gris de pollution de la plaine du Pô gomment le ciel bleu, la nature semble battue par les industries et les routes, les montagnes perdent leur tête et leur beauté. Quelle différence énorme en seulement quelques kilomètres !


La route se prolonge ainsi, chaque camion semble vouloir nous happer, une route droite qui ne semble jamais se terminer. Turin est au bout du tunnel. Premier café italien et premières pizzas se mélangent aux retrouvailles avec Coco, une amie de Charles. Un accueil chaleureux d'une famille et un coin de jardin nous montrent une autre Italie. Celle des grissinis, des biscuits, des odeurs de café… et de l'agréable accent italien que cache Max. Une visite du musée du cinéma de Turin nous plonge tous les deux dans son univers magique. Jeux d'ombres et lumières, lanternes magiques et premiers dessins animés sont présentés comme étant le socle du cinéma. Au-dessus, une profusion d'extraits de films, de scripts, d'affiches d'époques… et même le chapeau et l'écharpe du célébre Fellini. Avis aux amateurs !

Musée cinéma

Réveil difficile
Foot

Encore la route italienne, encore la monotonie. Avons-nous le mal de la plaine ? Réveil difficile…

Chivasso, Pavia, Pizzighettone, Crémone, Mantoue se laissent découvrir par de plus petites routes et sont nos étapes successives. Que de rencontres ! Un prêtre nous invite à sa table pendant une réunion de village, les retraités s'étonnent de nous voir sonner à leur porte (mais finalement nous ne devons pas avoir l'air trop méchants…), les enfants jouant au foot nous entrennent par surprise pour un match improvisé. Que de joie de voyager sans le souci de savoir où dormir ! Étrangement, nous n'avons dormi qu'une seule fois sous la tente depuis l'Italie… et ce fut en plein centre de Turin !

Place italienne

Lac de Garde 1

Nous retrouvons du plaisir à faire du vélos, les petits villages réapparaissent et les rizières de la plaine du Pô s'éloignent derrrière nous. La végétation commence à changer, les oliviers, les cyprès, les lauriers roses rendent l'atmosphère plus douce et agréable : nous sommes enfin arrivés au lac de Garde. Un après-midi de repos intense sous un soleil pratiquement estival, alors pourquoi ne pas se baigner ?

Lac de Garde 2

Les actinidias et les vignes qui bordent la rivière nous propulsent jusqu'à Vérone sur une piste cyclable, du pur bonheur ! Merci Max.

Escortés par un athlète de l'équipe nationale du triathlon d'Italie, nous reconnaissons cette Vérone que nous aimons tant. Nous tournons la tête et l'arène s'élève devant nous comme par enchantement au milieu de la place la plus vaste que nous ayons vue jusqu'à présent. Émerveillés, nos regards se rencontrent et nous réalisons le chemin déjà parcouru depuis notre ville du Mans.

Fiat

Vérone 1

Un pressentiment vient à Charles : « la première personne à qui nous allons nous adresser va nous héberger. » Aussi, le premier coup de sonnette nous mène chez Alessandro. Comment le décrire en quelques mots ? Quelques mots en français suffisent pour nous voir, cinq minutes après, déposer les sacs dans une chambre de son bel appartement. Les couleurs et les tableaux aux murs traduisent son métier de décorateur d'intérieur. Une douche chaude et nous partons à la découverte de la ville des amoureux, c'est vrai qu'il y en a beaucoup !…


Le ciel bleu revient parmi notre voyage et nous en profitons pour nous balader sereinement en ce dimanche 17 octobre. Vérone et Alessandro sont deux découvertes que nous aurons du mal à quitter… mais Vicenza puis Udine nous attendent pour rejoindre une autre frontière, celle de la Slovénie.

Vérone 2

Retour à la carte

Dernière mise à jour le 11/06/06.
« Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien. » (Alain)