Titre Vélo


Premiers tours de roue — 09/09/2004

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Depuis longtemps, nous avions prévu de rouler quelques jours à vélo pour tester le matériel et les hommes. Deux semaines avant le départ, nous sommes donc donc partis dans les célèbres et vertigineuses « Alpes Mancelles » pour une randonnée de 3 jours, accompagnés d'une amie, Laure. Un peu d'orientation et une séance photos qui nous permet d'immortaliser nos destriers pour la première fois.

Le soir, nous avons testé notre réchaud, qui ne fonctionnait pas... Ça commençait bien ! Nous avons donc fait cuire nos nouilles chez des agriculteurs forts sympathiques (première rencontre !) qui nous ont fait goûter les spécialités locales produites maisons (cidre et rillettes !). Le lendemain, David et Sylvain, deux autres amis, nous ont rejoint pour faire un peu de canoë (c'est moins fatigant) et fêter l'anniversaire de Charles (21 ans déjà !).

Le soir, nous restons seul pour la première fois et tentons de mettre tout notre matériel à l'abri dans la tente, la chose n'est pas aisée. Le retour se fait péniblement pour Foucauld, les patins de frein frottaient sur la jante... et ce fut la seule fois où Foucauld demanda grâce à Charles dans une montée (« Tu vas trop vite ! »).


Le Mans – Nancy — 19/09/2004 au 22/09/2004

Ça y est, le grand jour est arrivé ! Nous sommes le 18 septembre et le premier coup de sonnette retentit. Les premiers invités arrivent petit à petit et la pelouse devient lieu de rencontres. Nous accueillons chacun avec joie et apprécions nombre de personnes venant saluer notre départ. Une pensée pour les absents...

Nos vélos et la carte du monde où est tracé notre trajet sont le centre de tous les intérêts. Nous tentons d'expliquer rapidement l'utilité de chaque chose emportée. Le ciel est clément et une véritable ambiance de départ se fait sentir autour de nous. Il est bien difficile de s'imaginer que nous n'allons pas revoir ces personnes pendant dix mois et nous réalisons enfin que nous allons partir... Une mini loterie nous rassemble autour de la pesée des sacoches et des vélos. 50 kg ! « Qui dit mieux ? » C'est le poids de notre vélo tout compris.

Le stress monte, il est pratiquement 16 heures, derniers papiers en poches nous nous dirigeons devant la maison où une émouvante chanson d'au revoir de Marie nous fait méditer ensemble ces derniers instants manceaux.

« Foucauld, tu te souviens de ce premier coup de pédale tant attendu ? Il est arrivé... » Passé le bout de la rue Henri Tessier, un autre monde nous attend !


Une vingtaine de cyclistes nous accompagne pour la première étape de 20 km jusqu'à Montfort-le-Gesnois. Arrivée triomphale près d'un pont romain après une heure de route, le lieu est propice à une soirée sympathique et à un dîner aux chandelles ! Sous le soleil couchant nous entamons une soirée riche et magique où guitares, djumbé et chants rythment agréablement notre festin.

Petit déjeuner aux croisssants sur la plage de Montfort avant de partir sous des applaudissements qui nous réchauffent le cœur. Nous ne sommes plus que deux. Un autre départ.


Après un jour de route ensoleillé nous entrons dans la Beauce, le vent souffle sur la route qui défile à vive allure et nous nous sentons bien sur nos vélos récemment baptisés, « Bucéphale » pour Foucauld et « Allochtone » pour Charles. Bucéphale était le cheval d'Alexandre le Grand, Allochtone est un terme géologique décrivant certaines roches. C'est joli non ?

Et pendant ce temps là se profile au loin la cathédrale de Chartres, avec son toit d'un vert étrange qui se démarque sur la ligne désespérement plate de l'horizon. Nous roulons, roulons, et le périple commence presque trop bien, nous atteignons sans efforts des vitesses que nous ne soupçonnions guère avant de partir ; 25, 30 km/h, on en profite, ça ne durera pas ! Le paysage est presque désertique, seul quelques bourgs traversés et quelques boulangeries visitées nous rappellent la civilisation. C'est vraiment la France profonde.


La première étape nous voit dormir à Bailleau les Pins à l'issue de 97 km de balade. La seconde, plus ardue mais plus rapide, nous voit parcourir 130 km avant d'atteindre Fontainebleau et sa forêt majestueuse. Là, nous visitons rapidement l'extérieur du château (de Fontainebleau, bien sûr) avant de prendre rendez-vous avec Claire, l'amie de Charles, à la gare, à 19h45... Il est 19h00, nous devons d'ici là trouver un endroit où dormir et où manger (et se laver accessoirement...), avec elle, dans Fontainebleau... On commence déjà à devoir se débrouiller. Nous sonnons chez quelques personnes pour quémander un bout de jardin où planter notre tente. Finalement, une famille très gentille nous accueille, nous propose un lit et nous invite, nous et Claire, à partager leur dîner. Chouette, une bonne douche...


Le lendemain, les paysages plus vallonnés de la Champagne nous montrent d'immenses champs labourés, cultivés à perte de vue, parsemés de bois. La diversité de la forêt contraste avec la pauvreté de la terre couleur ocre. Chevaux, sanglier, hérons, buses, pic-vert donnent vie à ce paysage figé. C'est la France ?

Nous dormons à Chavanges, dans l'Aube, après 160 km... On ne le fera pas tous les jours. La dernière étape, pourtant, est aussi longue : après être parti sur nos vélos assez tard, nous décidons à Vaucouleurs (ville où Jeanne d'Arc a demandé à lever une armée pour sauver le dauphin !) de pousser juqu'à Nancy. Nous arrivons de nuit et de pluie pour tester l'étanchéité de notre matériel, après être passés dans des chemins forestiers (raccourcis ?) difficilement praticables : première chute pour Foucauld ! Huit heures de vélos, ça fait mal au fessier ! François et Josiane (oncle de Foucauld) nous accueillent pour la fin de notre première étape. Ouf !

Les journées suivantes nous voient rencontrer les deux écoles de Nancy qui suivront notre voyage, 3 classes en tout, ça fait beaucoup d'enfants ! Nous espérons les satisfaire tous... Il faut également régler des petits problèmes de papiers et d'oublis de matériel — merci les mamans —, et puis en profiter pour dire au revoir aux amis de Foucauld. Même en escale, on ne chôme pas !

Nous reprenons gaiement la route vers Grenoble dimanche matin et devrions arriver vendredi 2 octobre vers midi.


Nancy – Grenoble — 27/09/2004 au 04/10/2004

Après quelques jours bien sympathiques à Nancy, nous repartons frais et dispos pour la suite du programme, déjà plus ardue. Encore merci à la famille Klaeylé pour son accueil et pour la soirée réussie du samedi soir ! Nous longeons un canal pour retrouver la sortie de l'agglomération, puis la route se fait plus vallonnée, plus variée, plus agréable à regarder. Cela permet à Foucauld de découvrir « sa » Meurthe-et-Moselle, à travers prés et bourgs paysans.

Le soir, nous dormons à Vittel, proche de Contrexéville (vous aurez compris que l'eau de là-bas n'est pas trop mauvaise), à nouveau il nous faut trouver un coin où dormir et c'est un couple de Vittelois retraités qui nous laissent planter notre tente avec circonspection, et finit par nous apporter tomates et concombres.


Devant des gens parfois méfiants, nous nous rendons déjà compte que nos vélos dissipent vite les inquiétudes. Et vous, comment réagiriez-vous si deux voyageurs venaient sonner à votre porte ? « Des cyclistes, ça n'est pas méchant ». Il suffit souvent de peu pour échanger plus que des mots.

Autour de deux cafés, les deux cyclistes prennent congés de ces aimables retraités. Nous partons trop tard : une étape dantesque de 9 heures de route nous voit arriver épuisés chez les parents de Perrine, une amie jurassienne de Charles. Sans cartes, nous avions sous-estimé les distances : 180 kilomètres, c'est beaucoup… trop même. Nous avons au moins découvert la célèbre forêt vosgienne ! À 22h00, quand nous découvrons le panneau d'entrée d'Asnans, nous avons la sensation de franchir une ligne d'arrivée. Le comité d'accueil est présent et nous réchauffe en nous faisant goûter du macvin… Nous trouvons des « parents » qui pensent à tout !


Nous continuons plus raisonnablement en gagnant le premier plateau du Jura, aussi plat que dans les manuels de géographie. Charles a mal au genou et il est assez difficile dans ces conditions d'apprécier les tours de pédales… Une petite ascension crépusculaire nous mène à Château-Châlon, « un des plus beau villages de France ». On veut bien le croire ! Autour du villages, sur les côteaux, s'étendent les 50 hectares du cépage du Château-Châlon, « roi des vins, vins des rois », vin de luxe au vieillissement surveillé.

Nous rencontrons un vigneron au travail dans sa cave. Il briefe les touristes nocturnes que nous sommes sur l'élaboration des différents vins du Jura. La vue est superbe, et on nous prête pour dormir une petite maison où un feu de cheminée égaiera la soirée. Le Jura n'est en fait pas si montagneux que nous le croyions, il s'étend sur plusieurs hauteurs, plusieurs plateaux. C'est bien agréable : après des montées, du plat ! Le paysage est magnifique, des forêts de feuillus à peine rougies par les prémices de l'automne s'étalent sur des montagnes arrondies, et nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter plusieurs fois pour immortaliser un paysage déjà millénaire.




Le « détour » par Asnans se révèle être une aubaine en nous faisant éviter quelques reliefs et nous rejoignons Oyonnax dans les journées suivantes. Nous commençons à grimper un peu, et en montant nous sentons le poids du vélo tirer vers le bas. Nous dormons pour la première fois en altitude, à Apremont, 900 mètres. Ça ne fait pas haut mais c'est déjà très froid et humide. Le maire, qui cueille ses cèpes, nous confie que « des jeunes » montent à cette époque dans ce village pour récolter des champignons hallucinogènes. Nous comprenons mieux la méfiance des autochtones… Deuxième col après celui d'Apremont, à 1140 mètres. Pas mal ! La descente sur l'autre versant est idyllique : descente lente sur plusieurs kilomètres, en pente douce, ça « rentabilise » la montée du col.

Nous découvrons l'Ain ! Le ciel est magnifique, bleu, quelques nuages et sur tous les versants du vallon s'étalent de mignons petits villages, et les contreforts des Alpes se dessinent déjà au loin. Arrivés dans la vallée, nous retrouvons du plat, pour faire une journée correcte. Le plaisir du vélo est là : nous roulons à flanc de montagnes, les gens sont super sympas, c'est le temps du voyage et la vue est impressionnante sur des kilomètres : on se sent déjà tout petits, et nous n'en sommes qu'aux débuts : Grenoble, c'est bientôt !


Nous arrivons en Savoie par la ville de Yenne, les maisons deviennent couleurs pastels. Nous arrivons plus loin sur les lieux d'un tournage de film (avec Josiane Balasko !), amusant. Nous dormons aux Échelles. Et le vendredi…


La Chartreuse, ça vous dit quelque chose ? C'est un massif qui demande un peu d'effort. Nous nous levons plus tôt que jamais pour arriver à l'heure du déjeuner dans la ville d'adoption de Charlo, Grenoble… C'est une matinée difficile qui nous surprend au lever du lit, vers St-Pierre de Chartreuse puis vers le col de Porte, 1340 mètres. C'est difficile, on ne pédale pas vite, on sue, il manque des pignons pour mouliner à l'aise, ça ne semble jamais s'arrêter… L'arrivée n'en est que meilleure. Nous concluons ce Nancy – Grenoble par une descente de quinze kilomètres sans un coup de pédale, jouissive ! Grenoble se découvre soudainement, au détour d'un lacet, impressionnante dans sa vallée encaissée. Les freins travaillent durs et dans une ponctualité parfaite, nous arrivons à l'heure prévue après une semaine difficile mais magnifique.

C'est bien agréable d'avoir un but à atteindre en vélo, mais ça l'est encore plus lorsque de supers amis vous attendent pour faire la fête et vous encourager. Nous partirons mercredi de Grenoble en espérant que le genou de Charles ira mieux. En attendant, nous ne chômons pas non plus, visitant les uns et les autres à droite et à gauche dans un Grenoble au faîte de sa forme sous un soleil automnal propice !


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Dernière mise à jour le 11/06/06.
« Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien. » (Alain)