Titre Vélo


Retour à la carte

De Budapest aux Carpates — 31/10/2004 au 21/11/2004

Château Budapest

Un rendez-vous sur l'île Marguerite est un parfait endroit pour saluer nos trois amis français avant leur départ en bus. Nous sommes à nouveau tous les deux et regardons avec joie les bons moments passés avec eux au cours des trois derniers jours. Nous vagabondons à nouveau pour retrouver une famille, une église, un jardin ou même un garage… mais ce soir là ce furent des portes qui se refermèrent plus ou moins aimablement. La nuit tombe et Budapest s'allume mais nous n'errons que dans les quartiers aux rues sombres qui bordent le Danube. Résignés pour la première fois du voyage, après trois heures de recherches nous acceptons une bière comme seul compromis à notre recherche. Un moment à revenir aux beautés du vieux Buda qui se révèlent depuis la muraille blanche près du château, un moment à écouter Gabor un jeune homme intéressant et religieusement calme… Un moment de repos fort mérité en tout cas. Ce dernier nous indique un parc où passer la nuit. Les feuilles jaunies forment un tapis doux et agréable, la lumière timide joue à cache-cache avec les arbres trapus qui nous entourent, quelle chambre magnifique ! Charles finit sa nuit dans le métro, à faire des va-et-vient entre les terminus… il fait si froid dehors !

Voilà peut-être l'occasion de vous dire que notre mode de voyage ne présente pas que des avantages : dormir chez l'habitant, c'est parfois la source d'un peu de stress, notamment dans les villes. Le destin joue parfois des clins d'œil, car en arrivant à 21h à Budapest le premier jour nous avions trouvé en une demi-heure une place formidable, et là en débutant notre recherche à 17h, nous avons tourné vainement pendant 3 heures. Instructif, ça nous descend un peu de notre nuage de facilité !

Nous quittons Budapest, une histoire d'amour brève mais intense. Nous suivons la Duna, le Danube, ce fleuve si long et large, qui sépare Buda et Pest, pour quitter l'agglomération. Traversée des banlieues, grises et sales, peut-être comme celles de toutes les capitales. Budapest compte tout de même deux millions d'habitants.

Lorsque neuf ponts enjambent le fleuve dans la capitale, il n'y en a aucun en aval de cette dernière, et nous devons prendre le bac pour continuer notre route. C'est une chose normale ici, et pour nous si exotique ! Une autre aventure nous attend lorsque, quittant la route principale, le soleil déclinant, nous nous enfonçons dans la campagne pour trouver une piste plus clémente et un endroit pour nous abriter. Nos vélos deviennent pesants et les chemins boueux deviennent champêtres, puis difficilement praticables… Et une nouvelle fois, après cette inquiétude de l'inconnu, la rencontre, à Kucs, de trois copains fêtards, dont l'un habite dans sa datcha pour les vacances, et nous finissons la soirée en chantant des chants français et hongrois autour d'un verre de schnaps. Le Danube coule non loin de la maison, on le devine à la fraîcheur et il se révèle le lendemain lors du petit déjeuner, sur la terrasse : nous sommes face au plus long fleuve d'Europe.

La Roumanie approche, et avec elle un Est toujours plus différent. On nous indique un meilleur endroit pour passer la frontière et nous voilà chez ces Roumains à l'image si dégradée chez nous. Les médias ne donnent pas le meilleur aspect de la Roumanie, et que l'on soit en France ou en Roumanie, on nous a bien prévenus : « Faites bien attention à vous, ce sont des voleurs, ils sont si pauvres…! » ; et pourtant que d'accueils chaleureux nous y attendent ! Les gens dans les campagnes nous gâtent de bon lait de vache, de fromage, de gras, de café turcs, de pains maisons… avec tant de gentillesse que nous nous sentons parfois gênés.

Intérieur maison

Vive Ceausescu

La Roumanie est encore marquée par son histoire récente, la dictature catastrophique de Ceausescu, n'a pas franchement donné à ce pays tous les atouts pour s'en sortir.

Notre première halte se fait à Timisoara, où nous découvrons, très intéressés, la vie étudiante et celle de la communauté francophone, qui se mêlent parfois. Hors des représentations diplomatiques d'un état, il existe également une représentation culturelle qui passe par l'intermédiaire des instituts culturels, des alliances françaises ou des lectorats. Par Quentin, un ami de Charles, nous rencontrons les lectrices françaises et belges francophones de l'université, Carole et Céline. Cours, organisation d'un mini-festival cinématographique, gestion du lectorat et de sa bibliothèque, l'expatriation volontaire de ces jeunes femmes est bien occupée, et très, très intéressante.

Nous n'aurons pas trop de quatre jours pour profiter de tous ces gens, d'autant plus que nous découvrons dans les derniers jours la présence d'une association française qui, avec des jeunes Roumains, tente d'occuper les enfants des rues par des activités du cirque (jonglage, acrobatie…) et des cours, si les enfants le désirent. Le parallèle avec notre projet associatif en Inde est assez flagrant pour que nous passions une soirée festive avec tous les « animateurs ». L'après-midi, nous avions un peu joué avec les enfants, assez pour nous rendre compte des quelques plaisirs et difficultés que l'on pouvait trouver avec ces personnes vivant dans un univers si différent du nôtre. Merci Téo pour ces quelques moments de découvertes passés avec toi…

Théâtre Timis
Soirée cirque

Infos vélos : la roue arrière de Charles est brisée et nous en profitons pour rester un jour de plus à Timisoara, ouais ! Vous aurez compris que l'on ne voulait pas partir… Dans le voyage, il est parfois difficile de quitter les gens que nous commencions à aimer.

Nuit en enfer

Il faut repartir à l'aventure, la vraie. Nous allons être servi, avec en quelques jours des problèmes mécaniques, une excursion nocturne de cinq heures (oui, cinq) dans la nuit et la boue totale, à travers champs et chemins impraticables, une ascension sous la neige, un guet-apens glacé à 1 200 mètres d'altitude sous le soir tombant. Les organismes souffrent, les vélos aussi, le froid arrive et, dans les hauteurs, cela se fait sentir, nous nous fatiguons beaucoup plus vite. Mais on ne part pas pour se plaindre, et quand nous regardons le chemin parcouru nous retenons bien sûr le réconfort apporté, au regard de nos efforts, par les gens qui nous ont accueillis. Il est déjà agréable de retrouver dans le roumain une sonorité latine plus facilement compréhensible, il l'est encore davantage d'observer un intérêt pour notre aventure, qui semble si exotique.

Village roumain

Train

Nous rattrapons un peu le retard accumulé en prenant le train à Craiova pour rejoindre Bucarest le 19 novembre après quelque 3 270 kilomètres. Nous trouvons impressionnante la grandeur et les contrastes énormes de cette capitale : des ruelles aux avenues, des églises aux blocs, il n'y a qu'un pas. Ici, c'est un Français qui nous loge, Fabien, par l'intermédiaire duquel nous faisons connaissance du monde des VIE , « volontaire international entreprise », des jeunes de 18 à 28 ans qui partent à l'étranger pour se faire une première expérience. Pendant que Foux se dirige vers une soirée costumée, Charles prend la direction du concert que donne une chanteuse roumaine connue. En Roumanie, la bière ne coûte pas bien cher et se sert par demi-litre, alors on en profite pour bien se désaltérer et ainsi éviter les tendinites du début du voyage… Nous errons dans Bucarest emmenés par des amis. Que de Taxi jaune Dacia 1310 !


Montagnes enneigées

Nous pouvons parler du temps qui court sur nous depuis le début du périple à deux mois du départ. Le 5 novembre, Charles remarquait que le tee-shirt et le short sur le vélo lui paraissaient exceptionnel : « Pourvu que ça dure ! » Le passage à la frontière roumaine nous offre depuis un tout autre aspect du climat. La pluie qui nous ralentit et nous fait nous habiller comme des sacs plastiques géants, le vent qui décourage, la neige qui glace le bout des doigts et des pieds, le froid, vous pouvez imaginer notre état de bonheur lorsque le soleil se pointe à l'horizon.

Dans les Carpates

Depuis nous nous reposons bien au chaud dans l'appartement agréable de Fabien, sans souci nous occupons nos journées de balades et d'activités diverses allant du match international de rugby (Roumanie – Japon !) à la visite de la maison du peuple, projet gargantuesque de Ceausescu qui abrite le parlement roumain. Et maintenant, à nous la Bulgarie ! Nous espérons rejoindre Istanbul début décembre.

Maison du peuple

Retour à la carte


Dernière mise à jour le 11/06/06.
« Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien. » (Alain)